Culture

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L’Algérie est l’héritière d’une culture riche et variée qui porte la trace des civilisations qui se sont succédé sur sa terre depuis l’aube des temps. Elle a su intégrer cet héritage,  divers et multiforme, pour en faire un élément constitutif de son identité nationale.
Les principales formes d’expression culturelles sont la littérature, la musique, le cinéma et la peinture.

La littérature algérienne

Comme tout ce qui a trait aux aspects culturels en Algérie,  la littérature algérienne n’échappe pas aux influences qu’ont pu exercer les différentes civilisations qui se sont succédé sur son territoire. Alors que la littérature, au sens conventionnel du terme, est en plein renouveau en Algérie. Les meddahs, genres de chanteurs poètes et les conteurs demeurent une mémoire vivante du pays. Depuis des siècles, ils conservent et transmettent son histoire dans une tradition orale. La littérature algérienne s’exprime de nos jours en arabe, tamazight et français. Elle s’est illustrée par des grands noms consacrés par une reconnaissance internationale.

On peut citer,à titre tout à fait indicatif, parmi les poètes et écrivains arabophones, Moufdi Zakaria, auteur de l’hymne national (Qasamen)  ,Moubarek El Mili ,Mohamed Laid Al Khalifa, Lakhdar Essayhi, Rédha Houhou, Mohamed Nouri, Abdelhamid Benhadouga,Tahar Ouettar, Azzedine Mihoubi, Ahlam Mosteghanemi, Abou El Kacem Sadallah, Aboulaïd Doudou, Zhor Ounissi, Abou El Kacem Khammar…

Parmi les écrivains d’expression française, signalons Kateb Yacine, Mouloud Feraoun, Mohamed Dib, Frantz Fanon, Mouloud Mammeri Malek Haddad, Djamel Amrani, Rachid Boudjedra, Rachid Mimouni , Assia Djebbar qui  a été élue en 2005 à  l’Académie française pour son œuvre littéraire et qui est ainsi la première femme arabe à intégrer l’auguste institution française de lettres.

La littérature berbère connaît, elle aussi, depuis ces dernières années, une nouvelle dynamique.
La littérature algérienne, quelle que soit la langue de son expression, est certainement appelée à connaître un épanouissement remarquable dans les toutes prochaines années, compte tenu des potentialités des très nombreux jeunes talents qu’elle recèle.

La musique algérienne

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La musique algérienne est connue pour la diversité de ses styles et la richesse de son répertoire. Chaque région a sa propre tradition musicale qui reflète, pour paraphraser Victor Hugo sa façon spécifique « de penser bruyamment ». Mais spécificité ne signifie pas repli sur soi. Pour preuve, la musique algérienne s’est toujours enrichie d’apports venus tantôt de l’Andalousie, tantôt de l’Afrique subsaharienne, tantôt encore des rives orientales de la méditerranée.
Elle  se décline en plusieurs genres :

La musique arabo- andalouse,

considérée comme la musique classique algérienne, est fondée sur le système des noubas  inventé par le virtuose musicien Baghdadi Ziryeb (789-857) ;  créateur de la tradition musicale de l’Espagne musulmane. Elle a trois variantes qui dérivent de trois écoles différentes, le Ghernati de Tlemcen, le Sa’naa d’Alger et le Malouf de Constantine. Parmi les grands maîtres de cette musique citons à titre indicatif : Mahieddine Bachtarzi, Dahmane Ben Achour, Cheikh Larbi Bensari, El Hadj Ghafour, Mohamed Khaznadji, Sadek El Bedjaoui, Fadila Dziria, El Hadj Mohamed El Fergani, Abdelkrim Dali, Mohamed Khaznadji,  Hassan El Annabi, Hamdi Bennani, Nouri Koufi.

La musique chaabi

qui dérive de la musique arabo- andalouse, est née dans les quartiers populaires d’Alger dans la première moitié du XXème  siècle. Elle est interprétée dans la langue populaire, dialecte de la capitale (d’où son nom de chaabi qui veut dire populaire en arabe) par des maîtres parmi lesquels : Hadj M'Hamed El Anka, Maâzouz Bouadjadj, Boudjemaâ El Ankis, El Hachemi Guerouabi, Dahmane El Harrachi, Slimane Azem, Abdelkader Chaou, Amar Laachab, Amar Zahi, Abderrahmane Koubi, Abdelmadjid Meskoud…

La musique kabyle

avec ses spécificités propres et sa poésie compte parmi ses interprètes: Idir, Ait Menguellat, Maatoub Lounes, Kamel Hamadi, Cherif Kheddam, Djamel Allam, Malika Domrane, Rabah Asma, Hanifa, Nouara

La musique staifi

est une musique populaire basée sur le rythme zendali . Parmi ses interprètes citons  à titre d’exemples Bekakchi  El Kheir, Samir Staifi, Bentoumi Mohamed, Djamel Nordine…

La musique chaouie

est un style musical traditionnel de la région des Aurès qui  s‘exprime tantôt en arabe, tantôt en Chaoui. Parmi ses interprètes  citons à tire indicatif : Katchou, Hamid Belbeche, Aissa Djarmouni, Ali El Khencheli, Hadj Bouragaa, Djenia Khaled, Teldja, Zoulikha, Nacreddine Hora, Massinissa.

La musique sahraouie

est à l’origine une musique bédouine fondée sur le bendir et le  jawaq (la flûte). Parmi ses interprètes citons à titre non exhaustif : Ahmed Khelifi, Abdelhamid Ababsa, Menai Ahmed, Amar Bar, Rah Tahar, Bachir Sahraoui, Rabah Driassa, Nora….

La musique oranaise et le rai :

La musique oranaise tire sa spécificité par le mélange harmonieux entre le badaoui traditionnel et le moderne. Ces principaux maîtres sont : Ahmed Wahbi, (chanteur compositeur), Blaoui Houari. Le rai est né dans la région d’Oran ,il s’exprime en arabe dialectal. C’est une forme musicale qui résulte de l’union de la musique bédouine, des sonorités latines et arabo andalouse. Parmi les noms liés à ce genre musical : Cheikha Remiti, Cheikh Khaldi, Cheikh Hamada, Ahmed Saber, Zehouania, Bellemou (le trompettiste), Safy Boutella, Houari Benchenet, Rachid et Fethi Baba Ahmed,  Hasni, cheb Khaled, cheb Mami, Fadila, Sahraoui…

La musique Gnawa

est une musique ancestrale qui provient de l’Afrique subsaharienne. Elle est chantée par un maalem (maître) sur une musique à base de guembri, de tbel et qarqabus. Les interprètes les plus connus de cette musique sont Othmane Bali, Hesna El Bacharia. 
Durant les trente dernières années, la musique algérienne s’est encore diversifiée en s’enrichissant notamment des contacts avec l’orient (Ouarda El Djazairia,) et de l’occident(Rachid Taha,Souad Massi…)

Le cinéma

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Le cinéma algérien est né après l’indépendance. Les thèmes dominants des films de cette période  traitaient du colonialisme et du mouvement de libération nationale. C’est le cas, par exemple du film « Le vent des Aurès » de Lakhdar Hamina en 1967.
Le cinéma, se voulant être le témoin de son époque a changé de thématique dans les années 70. Ce n’est plus de la guerre qu’il traite mais de l’édification du socialisme et des préoccupations  de la société algérienne. Ainsi des films comme « Leila et les autres » de Sidi  Ali  Mazif et « la Nouba des femmes du Mont Chenoua » de Assia Djebbar,qui, réalisés tous deux en 1977, traitent de la condition féminine. le film « Ali au pays des mirages »d’ Ahmed Rachedi (1978) s’intéresse, lui, au phénomène de l’immigration.D’autres genres comme la comédie et la critique  sociale sont portés à l’écran par une  nouvelle génération de réalisateurs. Le film « Omar Gatlatou » de Merzak Allouache, en est une illustration.
Les années 70 furent les années de gloire du cinéma algérien. L’ obtention de la palme d’or du festival de Cannes décernée en 1975  à Mohamed Lakhdar Hamina, pour son film «Chronique des années de braise», est sans doute le témoignage le plus éloquent de la reconnaissance internationale du cinéma algérien.
Aujourd’hui, après une période de léthargie, le cinéma  algérien retrouve sa vitalité. 
Un tout récent hommage (Avril 2006) a été rendu au cinéma algérien lors du festival « Vue d’Afrique de Montréal » au Canada où le film « Douar de femmes » du réalisateur Mohamed Chouikh a reçu le premier prix du long métrage.

Parmi les noms des cinéastes  algérien  on peut citer à titre indicatif : Mohamed Lakhdar Hamina, Ahmed Rachedi, Mohamed Bouamari ,Amar Laskri, Lamine Merbah,Ghaouti Benddedouche  Merzak Allouache, Nadir Moknache, Rabah Ameur Zaimeche, Abdelkrim Bahloul, Mahmoud Zemmouri, Boualem Guerdjou, Ali Ghanem, Azzedine Meddour, Rachid Benhadj, Ahmed Lallem, Belkacem Hadjadj…

Avec un capital de plus de 175 productions ou coproductions, plusieurs reconnaissances internationales et un potentiel de talentueux et jeunes réalisateurs le cinéma algérien dispose de tous les atouts pour connaître un bel avenir. 

La peinture

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La peinture n’est pas étrangère en terre algérienne. Des milliers de gravures et peintures rupestres au flanc des Monts du Tassili attestent de l’enracinement de la pratique de cet art, depuis le néolithique, dans les traditions culturelles de  notre pays. Par la richesse de ses sites et leur rare beauté, l’Algérie a de tout temps exercé une fascination  sur des générations successives de peintres qui y trouvaient une source inépuisable d’inspiration.
Des peintres algériens, au-delà de leurs spécificités artistiques propres, ont par la suite, défini les contours d’une peinture authentiquement algérienne.
Ainsi, chez Racim, l’affirmation de l’identité passe par la valorisation de l’héritage islamique. Il est devenu Maître de la miniature et de l’enluminure.
Ses disciples, très nombreux parmi lesquels Temmam, Ranem, Djaout, Sahraoui ont perpétué sa tradition. Leurs œuvres sont  le reflet  de certaines étapes de l’évolution du pays.
Un nouveau courant artistique ne tardera pas à naître. Il s’agit de l’expressionnisme porté au plus haut niveau par Issiakhem et Bachir Yelles. Au figuratif narratif se substitue une peinture dite de chevalet qui se veut être l’expression authentique du vécu de l’Algérie, dans sa lutte quotidienne pour la liberté.
Une autre tendance dite naïve, remarquable par la douceur de ses tons incarnée notamment par Baya et Benaoura , enrichira le patrimoine pictural algérien d’œuvres remarquables.
Un autre courant se fit jour dans l’évolution de l’art pictural en Algérie. Guermaz Benanteur , Khadda , Aksouh sont à l’origine de l’émergence de la peinture abstraite. Celle-ci est née de la rencontre de l’expression graphique abstraite de l’Islam avec l’abstraction occidentale.
Ces différents courants témoignent de  la richesse du patrimoine culturel algérien. Les dernières années ont permis de découvrir de jeunes talents utilisant de nombreux matériaux où se mêlent harmonieusement l’héritage traditionnel et les techniques d’expression les plus modernes.
L’année de l’Algérie, organisée en France en 2003, a fait découvrir au public les multiples facettes de de cette  riche culture algérienne.

L’artisanat algérien

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L’art traditionnel en Algérie est plusieurs fois millénaire. Œuvres de femmes et d’hommes, doués d’une sensibilité raffinée, il s’exprime à travers le tissage, la céramique, la poterie, la bijouterie et porte l’empreinte spécifique de chaque région et de sa perception propre de l’esthétique.
A titre  d’illustration de cette diversité, on peut citer plusieurs types de tapis : les tapis de Tlemcen et du M’Zab, les tapis de la kalaâ, de Guergour, du djebel Amour, des Nememchas et d’Aflou…
Il en est de même pour la poterie, art millénaire en Algérie où chaque région a son son propre style. Il existe ainsi une poterie des Aurès, une poterie de Kabylie, une poterie de Mila, une poterie de Jijel.
La céramique, la maroquinerie, la dinanderie, les costumes traditionnels, la bijouterie, font partie intégrante de cet art algérien tout de luxe et de finesse.
Même si certaines de ces activités artistiques autrefois pleines de vigueur et de vie semblent marquer le pas aujourd’hui, un nouvel élan est prévisible avec les plans de sauvegarde et de promotion du patrimoine matériel et immatériel que les autorités du pays commencent à mettre en œuvre.